Alphubel comme le jour, Alphubel comme l’amour

Alphubel comme le jour, Alphubel comme l’amour

3 fans de Claude François désirant chanter du “clo-clo” là-haut :
Elisa, Greg et Sam.

On avait, dans un 1er temps, pensé à “je vais à Rio” mais le Brésil manquant de (haute-)montagne, nous avons abandonné l’idée.
Notre choix se dirige alors vers “Le mal aimé”. Il aurait fallu retourner de nouveau vers le Mont Blanc, sommet où les alpinistes sont – effectivement – mal aimés. Donc non !
Nous envisageons un temps de partir sur “si j’avais un (piolet) marteau” mais cela manquait de douceur dans un univers qui l’est tellement …
Il ne nous restait que “belles, belles, belles” et donc l’Alphubel ! Du haut de 4206 m, il sera parfait ! Nous le grimperons par son arête Sud-Est , un chouia plus intéressant que la voie normale.

Oulens-sous-Echallens, dans le canton de Vaud, au nord de Lausanne. 588 m d’altitude, 611 habitants, le fief de Sam : c’est là que se retrouveront les 3 partenaires, vendredi soir 11 septembre 2020.

Greg connaîtra la joie classique des retards SNCF (35 mns annoncées à Grenoble, 1 heure à l’arrivée à Genève). Aucun problème pour la correspondance vers Lausanne, les suisses étant bien organisés, eux ! Sic.
Apéro partagé sur le bord du lac Léman (ou lac de Genève) avec Sam. La bière en altitude ou au bord de l’eau a toujours une saveur particulière !

Elisa arrivera aussi à bon port depuis Strasbourg, après un blablacar pris à Bâle avec 1 conducteur italien. Visiblement pressé de retrouver sa botte natale.

Pas de commentaire sur la soirée. Après tout, qui n’a jamais entendu parler des nuits folles d’Oulens-sous-Echallens ?!
Départ samedi à 10h00. Direction Täsch dans le Valais. Un simple arrêt ravitaillement pour le pic-nic du midi et nous arrivons au parking du hameau de “Täschalp” (2200 m) avant 13h.

Les 3 compagnons au départ de Täschalp

Nous pique-niquons dans un cadre sympathique, malgré les quelques nuages nous empêchant de contempler le majestueux WeissHorn. Nous entamons rapidement la montée vers le refuge de Täsch (täschhütte).
500 mètres, seulement, en progression verticale.

Nous parlons de prendre notre temps mais il ne nous faudra qu’une grosse heure pour l’atteindre ! Le quadra et le trentenaire suivant les pas de la jeunette montpelliéraine.


Le refuge de Täsch (täschhütte) situé à 2701 m est à l’image de son voisin du “Dom”. Il conserve son aspect authentique, dans une belle ambiance entre moyenne et haute montagne, en y ajoutant un confort des plus modernes. Le personnel y est très sympathique et disponible. Le repas très (trop ? 🙂 ) copieux. Tout est propre, tout est soigné (plats individuels et décorations sur les tables). L’eau dans les toilettes est potable (et permet de ne pas abuser du plastique !). Comme au Dom.

Nous avons été jusqu’à disposer d’un dortoir de 4 personnes pour nous 3 !


Lever à 3h50, pour un petit déjeuner à 4h00. Celui-ci est à l’image du repas de la veille !

Nous quittons le refuge à 4h45. il fait nuit, forcément, mais la température est des plus clémentes à 2700 m. Nous voyons la lune et les étoiles, le ciel est dégagé, la journée va être belle !

Les premiers pas, nous font suivre un sentier de randonnée bien tracé vers l’est, puis un pierrier bien moins confortable.
A 6h00 nous arrivons au point 3300 m. Nous nous équipons (baudrier, casque, crampons, piolet et corde) en mettant pieds sur l’Alphubelgletscher (glacier). Le jour se lève sur les Alpes.

Nous remontons celui-ci jusqu’au col (Alphubeljoch, 3772 m ). La progression est constante sur un glacier qui ne connaît que peu de crevasses (juste un pont de neige avant le col) et où les pentes sont modérées, si on excepte un court passage vers 3600 m.

Panorama depuis l’Alphubelglestscher

Nous arrivons au col (Alphubeljoch, 3772 m) un peu avant 8h00. Notre pitchounette, Elisa, ayant connu quelques soucis entre ses nouvelles chaussures d’alpinisme et le réglage de ses crampons ! 3-4 pauses qui nous arrangeront au final, nous permettant (Greg et Sam) d’arriver au col en toute sérénité et point trop fatigués !

Nous prenons la direction des pentes de l’arête Sud-Est et de l’Eisnase. Sous ce dernier, nous décidons le contournement à main gauche (nord-ouest). Ce n’est pas tant la pente plutôt raide, que l’éventuelle présence de plaques de glace qui nous fera l’éviter.

Cette décision nous permettra de progresser sur une magnifique dernière arête aérienne (orientée nord-est) nous menant jusqu’au sommet et se pratiquant aisément.


Le sommet est atteint à 9h30 (4h45 après notre départ du refuge). Le 360° qui nous est offert est saisissant ! Un alpiniste rencontré au refuge, nous parlera de 24 “4000” visibles ! Nous resterons 15 minutes au sommet, mais il ne fait pas chaud et il nous faut, de toute façon, entamer la descente.


Nous avions décidé d’emprunter la voie normale pour le retour (moins exposée et nous permettant d’effectuer une boucle depuis le col).

La pente est plutôt raide (on le remarquera aux cordées croisées et leurs souffles des plus audibles !) et Elisa mettra une jambe dans une crevasse (sans aucune gravité). Nous ne regretterons pas notre choix. Autre voie, autre vue ! (Vallée de Saas-fee)


Nous rejoignons le col à 10h30. La descente du glacier (Alphubelgletscher) s’effectuera également rapidement. Nous pourrions juste signaler que 2 minutes avant de se “déséquiper”, Greg se prendra les pieds sur un tapis instable (comment ? Mystère …) et chutera, sans aucune classe, entre glace et roche. Rien de grave si ce n’est un genou en vrac, un pantalon qui mériterait une touche de couture et un peu de sang. 😉

Le refuge est atteint à 12h30 (2h45 après le départ du sommet, 7h45 après le départ de ce même refuge). Nous ferons une pause “boissons” et repartons à 13h25. Le parking est atteint à 14h00. Oui, nous empruntons le sentier 4×4 pour le retour. Moins “glam” mais plus direct et plus rapide. Elisa ayant des impératifs pour son retour en Alsace.


Cette course n’était pas prévue. Elisa voulait pratiquer un “4000” en Suisse, son enthousiasme aura été partagé et récompensé !

Non certes l’Alphubel , même par son arête Sud-Est, n’est pas le sommet le plus compliqué des Alpes (valaisannes ou autres) mais son esthétique et sa vue extra-ordinaire, depuis son plateau sommital, méritent vraiment le détour !

La vidéo

La trace GPS


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